lundi 30 juin 2008

Ikebana

Sous ce nom barbare n'ayant rien à voir avec un cross-over contre nature entre l'Incroyable Hulk et un élément représentatif de la gastronomie moyen-orientale se cache un art ancestral nippon (arcanes ninja secrètes vendues séparément). L'ikebana, donc.

Comme vous l'avez sûrement déjà compris si vous avez lu le lien subtilement caché dans le paragraphe ci-dessus, c'est grosso modo de l'arrangement floral. Grâce aux dames du Nihongo Club, nous avons pu nous essayer à cet art. On était plutôt contents de ce qu'on a réussi à faire, mais je crains très fort que ça ne bluffe que le novice malgré les appréciations positives des dames susmentionnées.

La joie se lit sur les visages.

En effet, je vous lis un papelard sur la philosophie de l'ikebana :
"[Ikebana] is not merely elevating symbiosis and harmony between nature and human living to aesthetics; it takes these to the depths of the heart's spiritual realm."

Alors déjà ça part mal, parce que bon, pour nous c'était plutôt "ces fleurs là elles sont jolies, celles-là aussi, et hop, si on fait comme ça c'est plutôt agréable à l'oeil". Alors soit l'homme occidental est tellement un Übermensche (je sais pas comment ça s'écrit, moi j'ai fait espagnol, viva España, surtout après l'Euro) qu'il a compris en moins de 30 min ce qui a demandé 500 ans de compréhension aux Japonais, soit elles ont été indulgentes avec nous. Mais bon c'est joli.

"For me too, arranging flowers is a direct, face-to-face dialogue with living plants - to read the tacit "will of nature" as enshrined in the heart of these plants, and to give that form. [...] In a manner of speaking, the exchange of life born of the resonance between the hearts of active humans and static plants is ikebana."

Ah ouais, quand même. J'ai rien compris. (Nan mais j'avais déjà lu le papier, hein, mais c'est pour donner un style et tout en fait.) Concrètement, on a un vase, un peu d'eau au fond, et une espèce de plaque avec des piques en métal, pour piquer ou intercaler entre les piques les fleurs, en serrant les fesses pour que ça tienne, ce qui n'est pas évident. Moi par exemple on m'a dit que c'était vachement "modern style". J'veux bien, mais faudrait qu'on m'explique les différents styles avant...

Bon enfin tout ça pour dire que 5 français mâles ont passé 1h30 à arranger des fleurs. Avec la réputation de tapettes qu'on se traîne dans les mangas vous parlez d'un cliché. Enfin à part ça on a aussi pu voir Edmée et Sandra habillées respectivement en kimono et yukata. Et à bientôt pour un prochain post encore plus nippon. Et photos y'en a être dans galerie, bwana.

Temps de préparation : longtemps.

lundi 23 juin 2008

Kentucky Fried Colonel

Le Gindama, littéralement "boule d'argent", point de RDV devant la gare d'Hiyoshi.

Cette photo m'a par ailleurs permis de constater qu'on pouvait joliment admirer nos trombines sous Google en tapant "Hiyoshi Tokyo" dans la recherche d'images. Dingue non ? Je sais ça n'a rien à voir avec le reste du post.

Encore une semaine, qui s'est écoulée dans la douce atmosphère moite et laborantine de Yagami, qui, comme vous n'aviez sûrement pas manqué de ne pas le remarquer, donne "I'm a gay" à l'envers. De quoi se poser de sérieuses questions et relire "Death Note".

On est retournés le temps d'un soir au Café Santa, avons fait de la cuisine de Pascal un sale tripôt où l'on joue au tarot en mangeant des gâteaux dans une atmosphère qui à défaut d'être enfumée fût musicale et ponctuée de moustiques. Nan parce que oui, ces sales chacals sont revenus et ils se font plaisir. Les chiens.

Sinon j'ai enfin vu "Indy Jones 4", comme ils disent ici (non sans déc, sur l'affiche c'est ça), et bah même si les trois premiers sont mieux, ça reste un bon film d'action, même s'il joue à mon avis quand même pas mal sur son côté "venez le voir parce que c'est Indiana Jones".

Alors là vous le savez pas mais je viens de partir 15 min étendre mon linge et vous n'avez rien remarqué. C'est tellement beau, vous ne trouvez pas, toute cette vie en dehors du blog ?

Ca aussi c'est beau ^^

Ah ouais alors sinon samedi on a eu droit à l'anniversaire de Jérémy, anniversaire réunissant comme nous avons pu le constater des alcooliques de tous horizons puisqu'on y trouvait des Allemands, Américains, Anglais, Français, moitiés de Japonais et Philippin(e)s. Ce qui a permis à Jérémy de mettre à jour son blog, d'ailleurs, et de passer sous silence le moment où on a été rappelés à l'ordre par le personnel. Bref. On a passé un super moment et très très bien mangé (cf photo ci-dessus). C'était un nabe. En gros c'est un plat où l'on fait chauffer beaucoup d'eau dans laquelle on va mettre à bouillir légumes, algues, tofu, viande et consorts tout en grignotant à côté de la salade fraîche, et des machins frits divers et variés. Vraiment sympa, et exothermique.

Le cadeau.

Pour les non japonisants, bien que ce soit assez explicite, le cadeau de Jérémy est une place pour aller voir la comédie musicale Wicked, le 25 juillet. Un bon petit moment en perspective avant de rentrer en France. Et comme on aime bien le pourrir le Jéjé, il y ira avec 3 boulets, Antoine, Julien et moi. Et s'il est pas content j'm'en fous c'est moi qui ai les tickets. Na.

Passons à des choses plus sérieuses. Oui, Indy, Jérémy, Yagami, tout ça on s'en fout(i). Parlons grand, parlons beau, parlons films de genre. Mes penchants douteux pour les films que je ne peux que qualifier comme tout le monde de déviants m'ont envoyé visionner "Poultrygeist, Night of the Chicken Dead", un bon gros film Troma - donc série B, ou Z, mais vous voyez le tableau - avec donc du graveleux, du con, des acteurs entre bon et nul, du gore, etc. Un bon film trashos bien marrant avec, vous l'aurez deviné (ou pas), des hommes poulets zombies.

L'affiche, à l'arrache mais sympa.

A noter d'ailleurs que le film permet de montrer l'étendue des extrêmes vers lesquels tendent les scénaristes - s'il y en a. En effet, le film se dote aussi de numéros musicaux bien barrés et plutôt honnêtes, de références dans tous les sens (on notera la présence d'un panneau "Libérez José Bové" qui n'a absolument rien à foutre là) et de jeux de mots douteux, ou tout simplement de trucs absurdes et gratuits comme un "gay mexican chicken burger". Qui parle. Pis de toute façon un film qui commence dans un vieux cimetière indien ça part bien.

Si ça c'est pas de la référence... hein JB ?

A part ça, bah rien. Faut que je me préoccupe de mes billets pour septembre, de mes rapports dès que j'aurai assez de supports de cours en anglais pour les faire, etc. Ca avance pépère quoi. Allez, au revoir, et à la semaine. Prochaine. Hahahahaha...

PS : En le relisant je me dis que c'était complètement incohérent comme post mais c'est pas grave, vous allez vraiment finir par vous y habituer. Sisi je vous assure.

dimanche 15 juin 2008

Flower Power

"This is madness !" "No..." "This... is... Mushroom Kingdoooooooom !"

Alors, quoi de neuf en cette semaine ? Malgré une bannière accrocheuse en diable, qui renvoie LA tous les gens ayant vu "300" (l'avoir aimé ne rentre pas en ligne de compte), il s'en est passé, des choses, et aucune n'implique de koopa jeté dans un puits sans fond dont on se demande bien ce qu'il fout au beau milieu de Sparte.

En début de semaine, nous reçûmes un joli mail assez concis mais néanmoins mystérieux nous indiquant ce samedi la présence d'un "festival breton" sur le Hiyoshi Campus. Mystifiés, nous nous y rendîmes (dingue comme l'emploi du passé simple rend l'atmosphère lyrique et mystérieuse à la fois), et quelle ne fut pas notre surprise quand nous vîmes... bah pas grand-chose en fait. C'était un truc assez petit, avec quelques concerts, qui nous ont notamment permis d'entendre "El Condor Pasa" (sic), jouée par le "Latin America Laboratory" (merci l'esprit breton, les japs), et somme toute pas grand-chose à voir à part plein de francophones. Et mon pote Hide. Donc pas de photos.

Celui-ci nous a affirmé qu'il y a eu beaucoup de changements de dernière minute, je sais pas s'il y a un lien à faire avec la petitesse de l'évènement. Mais bon. Passons-donc à la suite, qui comporte moins de bretons certes, mais plus de gens japonais donc bizarres (ou est-ce l'inverse ?) et de flower power.

Je vous présente Flower Power Man. Nan j'déconne.

Pour ceux qui ne le savent pas, a priori pas mal de gens donc, le parc du Yoyogi, non content d'être comme son nom l'indique, un parc (bien vu), est aussi le dimanche un lieu de rendez-vous de tous les musicos en devenir de Tokyo, ou tout simplement des gens qui ont besoin de revendiquer des valeurs particulières, ou de véhiculer des messages forts, disons par exemple qui fleurent bon l'essence, le cuir et la Road 66.

Ça méritait un montage, je vous présente le "Biker Spirit" à la japonaise.

Bon, enfin c'est bien de rigoler en voyant des bikers, mais il est vrai qu'il y a surtout des musiciens. Enfin... des gens qui tapent sur des instruments, souvent dans une cacophonie pas possible (et ouais, un groupe tous les 10 mètres ça aide pas à l'écoute), et souvent aussi dans des costumes à deux balles. Je vous présente le visuellement pire de la courte visite, les Spikys.

Du "samurai rock n'roll"... ça laisse rêveur.

Enfin j'ai toujours pas expliqué ce qu'on était venus foutre ici, parce que se moquer des gens c'est bien, mais ça remplit pas (toute) une journée et ça explique pas un titre de blog abscons. Et c'est pas les deux hippies croisés qui vont le faire non plus. Et faut que je me coupe les ongles ça commence à être gavant pour taper au clavier.

Donc, il se trouve qu'à partir de mi-juin, c'est la floraison des iris. Et oui. Faut le savoir, je vous l'accorde. Et dans le parc du Yoyogi, il y a un plus petit parc, le parc du Meiji-Jingu, qui contient un jardin de fleurs qui sont "tellement jolies elles s'appellent iris". Enfin, plein d'iris quoi. "Takusan", comme dirait Antoine dans son japonais impeccable. Donc par un raisonnement d'une logique extrême, on s'est dit que ce serait cool d'y aller. Pas grand-chose à raconter ou à montrer, sauf pour ceux qui veulent des fonds d'écran made in Japan avec plein de flowers dedans, mais bon, y'a les photos de la galerie pour ça. C'était joli et fleuri. Normal.

Et pour me la péter, ça se dit "shôbu" en japonais, "iris".

Et pis en sortant, on est allés voir le temple éponyme - pas "iris", hein, "Meiji-Jingu", c'est pas parce que je m'amuse à placer des mots recherchés qu'il faut faire exprès de pas suivre - qui est ma foi fort sympathique. Et dédié à l'Empereur Meiji si mes souvenirs sont bons. Et ils le sont, visiblement.

Vous devriez quand même commencer à savoir quelle gueule ça a.

Pour finir je vous envoie un lien vers un merveilleux jeu nippon, agréablement découvert sur un site de news nippones. Ca implique des sumos et des bébés, et bah c'est concept, hein, comme d'hab...

Et désolé Mouss, chuis pas allé à Azabu-juban ce week-end, finalement. Bientôt. Promis.

mardi 10 juin 2008

Narcolepsie nippone

Les tours du Tokyo Metropolitan Government Office, aux couleurs olympiques pour promouvoir Tokyo 2016.

J'aime les clichés. Pas les photos, hein, humour, mais vous savez, le genre de commentaires complètement gratuits et souvent de mauvais goût qu'on balance ben, parce que c'est facile et que ça défoule.

Parmi ces clichés, il y en a un qui illumine mes journées, c'est la politesse des japonais. On se plaît à les imaginer se plier plus bas que terre pour avoir osé respirer en votre présence et gâcher votre air. Soit. Mais le truc fun, c'est que quand on passe du temps au Japon, on se rend compte qu'au-delà des dialogues types (voir plus bas), les japs sont quand même bien irrespectueux.

"Moi le respect ? J'l'emmerde. Zero Respect, de Kirin." - Faut que je bosse dans la pub.

Instant de vie Carouf :
Scène : Un homme rentre dans un labo, des produits chimiques à la main.

"Bonjouuuuuur. Excusez-moi, j'apporte les produiiiiiits*"
"Excusez-moi, je pose les produits sur la taaaaaable."
"Excusez-moi, je prends le carneeeeeeeeet (des commandes de produits)."
"Désolé**, j'ai fini de remplir le carneeeeeeeet."
"Excusez-moi de vous avoir dérangéééééés."
"Bonne journééééée, merci de votre coopératiooooooon."

Ca paraît exagéré, mais non, tous les jours y'a 3 ou 4 gars qui débarquent, baragouinent n'importe quoi pendant 5 min, et repartent, emportant leur secrets (si vous comprenez le japonais, oubliez cette phrase) dans les couloirs linoléumisés du Yagami Campus.

Bref, parmi tout ça, il y a un truc qui me tue à chaque fois, c'est de voir à quel point les japonais sont des loques et s'en foutent. Partout où tu vas, il y a des gens en train de dormir - sur des banquettes, au labo, à la bibliothèque, dans le train, au café, etc. Bon, en soi, je m'en fous, ça me fait même plutôt marrer de voir les positions dans lesquelles ils dorment.

Mais le pire selon moi, et c'est là que je parle d'impolitesse, c'est quand ils dorment en cours. Bon, ça nous est tous déjà arrivé de somnoler plus ou moins fort pendant un cours lui aussi plus ou moins palpitant, mais voir un mec arriver 20 min avant la fin d'un cours, aller s'asseoir au premier rang et s'effondrer sur la table immédiatement, moi ça continue à me foutre sur le cul, même après 8 mois de Japon. Quand on pense qu'ils en font des caisses pour vous rendre 3 yen (= 0.02€) quand vous allez acheter votre rouleau de PQ...

Bref. (Wahou quel art de la déconstruction !)

Parce que Shinjuku de nuit, je trouve quand même ça trop beau.

A part ça on est allés samedi soir dans un restau à Shinjuku, bien sympa, open pizzas, open pâtes et open desserts. Le truc marrant et très différent de la France, c'est que ledit restau est situé, comme plein d'autres, au 29ème étage d'une tour type tour de bureaux. Le truc que tu le vois depuis le trottoir tu penses pas une fraction de seconde à rentrer regarder si y'a des restaux dedans. Ils sont un peu barrés ces japonais quand même.

Minds at work.

Enfin, ce fut l'occasion d'un gros claquage de bide, de faire nos ingés devant une grosse horloge hydraulique, et de s'échouer au karaoké, pour finir par y chanter du Aqua et des chansons de Noël. Non, ne dites rien.

Ou à la rigueur, moquez-vous de Jérémy.

Tout ça pour dire qu'en fait j'avais rien à dire.


*J'essaie d'imiter l'accent traînant à la longueur aléatoire provoquant un énervement directement proportionnel chez l'étranger qui écoute.
**Faut bien varier, même si en japonais c'est la même formule.

mercredi 4 juin 2008

Deezer et Larsen


Ouais, encore une semaine de plus, et avec une update qui a un peu traîné. Joie. Mais comme on peut le voir sur la photo précédente, on est en mode touristes.

Quoi de nouveau donc ? Pas grand-chose, la recherche avance à pas de fourmis, "Indiana Jones 4" n'est toujours pas sorti, les cours approchent de la fin, j'ai recommencé à jouer à Chrono Trigger via un émulateur Super Nes, et c'est d'la bombe baby.

Wéééé on va casser du monstre !

Sinon je me suis lancé dans un processus de grosse culture musicale. En gros, j'ai décidé que maintenant, je me pencherais sur un certain nombre de groupes dont j'ai souvent entendu le nom mais dont je ne connais pas les albums, comme par exemple Def Leppard, Voivod, Mötley Crüe, Blue Öyster Cult, Queensrÿche, etc. Ça va un peu plus loin que la simple démarche "ah tiens y'a le nouveau Opeth qui est sorti, cool." Bref. donc j'ai commencé à écouter Uriah Heep et ça déchire gentiment, c'est du bon rock progressif sympa qui laisse augurer la venue du progressive metal, mais typiquement, ça devrait plaire à pas mal de gens. Alors écoutez.

Une photo absurdement moche de gens hystériques.

A part ce genre de photos dossier, que je mettrai ptêt en ligne d'ici ce soir si je suis un gros chacal (ça me tente), je suis fier de vous annoncer la présence parmi nous la semaine dernière de la femme par qui le Larsen arrive, j'ai nommé :

NICOLE BELLUOT ! (oui, le voyage l'a un peu retournée...)

Elle est passée à Tokyo pour une raison obscure ayant vaguement un rapport avec le double diplôme et nous a permis d'assister à une réunion complètement conne où les étudiants japonais racontaient n'importe quoi, les français se marraient parce qu'ils comprenaient, Belluot et la prof de Centrale Paris étaient à la ramasse, et où Rémi faisait la traduction. C'était bien marrant.
Et le soir on a eu droit à un repas classe et gratuit avec lesdits profs et les japonais. Toujours sympa. En plus Rémi, décidément toujours la star quand l'amitié franco-japonaise est en jeu, nous a gratifié d'un discours très classe dont la teneur devait être au moins aussi évoluée que "Bon bah à la vôtre".

Un restau classe, ce qui nous a permis de manger un vrai steak.

Bon, et ptêt une virée à la plage ce week-end si le temps ne se maintient pas - s'il arrête de pleuvoir donc. Et si je décide de supporter les quelques cons et connes qui vont s'incruster. En attendant, pensez à ces avertissements présents dans le métro et énucléez-vous chez vous.

En plus y'a M le Maudit qui regarde.

dimanche 25 mai 2008

茶の湯 - Cérémonie du thé

Et ouais les mecs ! La classe internationale ! Dans vos gueules les japonais moches en marcel !

Oyez oyez, badauds ! En ce jour de grâce de l'an deux mil et huit, le Harl a fait sa présentation de recherche, en anglais, avec un powerpoint intégralement en japonais, pour frimer mais aussi pour bosser et que les gens comprennent, et a récolté pour seuls commentaires "ton japonais est bizarre". Merci le sensei pour les remarques constructives, ça se voit pas du tout sur ma gueule que je parle pas japonais. Enfin bref. C'est fait. Je suis donc liiibre, certains disent même qu'ils m'ont vu voler. Les balances.

A part ça j'ai pu dimanche aller à une cérémonie du thé ultra-classieuse, à Kamakura, grâce aux dames du Nihongo Club. enfin, "j'ai". Je me suis vaillamment fait accompagner en ce terrible périple débutant en costard sous la pluie à 7h30 du mat' par Antoine, Sandra, et JL.

Après quelques galères comme des ampoules aux pieds au bout de 30 min, et une mamie pas foutue de pas nous paumer alors que le point de RDV est au pied du Grand Bouddha ("Daibutsu"), on a quand même pu arriver à temps pour voir la première cérémonie, qui faisait figurer l'homme au chapeau le plus moche du monde.

Un joli chapeau en carton, pour compléter votre parure "Turkish Jedi" (les fous comprendront)

On n'a évidemment rien compris aux explications, aux chants d'une lenteur neurasthénique et tout le décorum, mais le grand maître du thé (ça fait loge franc-maçonnique - bref) avait la grande classe. Avec son air de mafieux sur le retour, tous ses fans qui venaient lui parler et le prendre en photo, lui qui a dragué deux minettes en kimono, on a tous été sous le charme. Et comme on est des gros privilégiés, on a pu s'entretenir avec lui, et faire une super photo souvenir.

Le grand machin-sama est au centre. Non franchement, on dirait un vieux yakuza non ?

Néanmoins on dira sur la cérémonie que ce n'est pas l'action - servir le bol de thé - qui compte, mais la préparation, tout est codifié à l'extrême, les gestes calculés et précis, chaque élément à sa place, tout est parfait... mais pas trop. L'asymétrie et l'imperfection sont privilégiées parce que plus humaines. Ou un truc du genre. Mais le souci du détail est toujours là. L'hôte doit montrer à ses invités qu'il les respecte par le souci qu'il apporte à chaque détail, etc.

En attendant, on les remarque, nous, les détails.

A ce moment-là on a pu goûter notre premier bol de thé de la journée. On n'en était pas encore lassés. Ensuite on nous a un peu baladés à droite à gauche derrière le temple, dans la partie "Staff Only". Ce qui nous a permis de beaucoup rire, notamment en voyant des fauteuils douteux (oui, moi je préfère en rire), des gens un peu bizarres et surtout parce qu'on se sentait tellement pas à notre place. Au milieu de gens super bien sapés et probablement des hauts-responsables dans des entreprises (une ancienne directrice des programmes de NHK notamment) ou je sais pas quoi, nous autres laborantins nous sentions un poil déplacés. Enfin bon, à partir du moment où l'un de nous a failli faire des oreilles de lapin au mec qui fait le thé de l'Empereur, bon, je pense qu'on est foutus.

Littéralement : "les gens qui n'ont pas de contacts/relations (Facebook ça marche pas) sont interdits d'entrée". Je préfère la version jap, ça fait plus "ouais je connais le gratin du top du gotha japonais môa..."

Après ça donc, un petit gâteau et une autre cérémonie, un repas sympa sans plus, avec toujours du thé (2 verres), puis un verre dans le jardin, une autre cérémonie, puis 2 verres pendant le "pot de départ" où nous avons entre autres été présentés à l'homme au chapeau laid mentionné plus haut. Soit 8 verres de thé en 5 heures, de quoi légèrement se lasser.

Le thé par contre est différent de celui qu'on trouve dans le commerce. Celui-ci est mousseux.

Fort heureusement, les photos étaient autorisées, et quand nous n'étions pas crispés et serrant les dents parce que s'asseoir à la japonaise ça défonce les jambes (on était pas obligés, mais faut la jouer "warrior" le plus possible, non ?), nous pouvions prendre des photos des différentes cérémonies. Vous pourrez admirer ça en galerie as usual.

Les statues par centaines du Hase-dera.

Profitant d'un temps un peu plus clément en aprèm, nous sommes allés nous balader dans un temple à côté du Daibutsu - que nous avons quitté comme des stars, en costard, avec des sacs Godiva, et par la porte "Staff Only" - le Hase-dera. sa particularité ? Des centaines de statuettes d'une même divinité, partout, à pas savoir qu'en foutre. C'est assez impressionnant, notamment le passage dans une cave de 1m de plafond ^^ Et le panorama. Très beau panorama sur la baie de Kamakura. Et puis une fois encore, frime en costard, mioche qui nous prend en photo en loucedé etc.

P'tain une vraie pub De Fursac.

A part ça ah oui, je viens d'obtenir la preuve définitive, enfin une preuve définitive de plus, que les japonais sont barrés en regardant un film merveilleux, "Koara Kachô", soit "Executive Koala" chez nous, l'histoire d'un koala salaryman un poil amnésique accusé d'avoir tué son ex-femme et sa femme actuelle (de rien). Un générique démentiel, une histoire complètement absurde, injustifiable et injustifiée, des deus ex machina dans tous les sens (saviez-vous qu'une des arcanes secrètes d'un art martial coréen était la résurrection ? Non ? Moi non plus.), et bien sûr un koala en peluche à tendance violente et aux yeux qui clignotent. Regardez le trailer et l'opening, et pleurez. J'attends avec impatience le "Calamari Wrestler" du même réalisateur.

Ganbareeeee Koara Kachôôôôô !

Me demandez pas comment je tombe sur des trucs pareils, ma vie est déjà absurde comme ça.

dimanche 18 mai 2008

Alice in Fuji Q Highland

"Les voilà disparus... dans les couloirs du temps !"

Ahlala, que de choses à raconter sur cette épatante (de camping) semaine. 3 grandes infos principalement : le Fuji Q Highland, Alice au pays des merveilles, et une grosse balade. Commençons donc par le commencement.

Le Fuji Q.

C'est un parc d'attractions situé non loin du Mt. Fuji, comme vous l'aviez aisément deviné. Le "Q" (prononcer "kyuu") résulte d'un jeu de mots laid puisque c'est la même prononciation que "Fuji express" en japonais - "fuji kyûkô", abrégé en "fuji kyû".

Mais qu'est-ce qu'il a de spécial ce parc ? Il est à 3h de train aller de chez moi. Oui, certes. Mais accessoirement, il ne contient que des attractions à sensations fortes. Parmi les plus impressionnantes du monde. Bien sûr, elles ont toutes été la plus haute, la plus rapide, la plus mouillée, la plus chaispasquoi du monde à leur construction, mais ont été dépassées depuis. Restent néanmoins les sensations. Et le fait de ne pas voir le Mt. Fuji parce qu'il s'est caché toute la journée, le chien !

Et en plus il est fabriqué en Chine.

On notera :
- le Dodonpa : une accéleration de porc suivi d'une montée et une descente a la verticale. Et quand je dis accéleration de porc, c'est de 0 a 172 km/h en 1,8 sec, accéleration de 4.25G... La claque. C'est maintenant le 3ème mondial de sa catégorie. Il bénéficie en outre de la diffusion lors de la queue d'une musique d'ascenseur particulièrement crispante. Vidéo.

- le Fujiyama : a été en son temps le rollercoaster le plus haut du monde (79m) et le plus rapide, avec la plus grosse descente (une descente quasi-verticale de 70m juste au début). Maintenant le 10ème mondial. Ça secoue a mort, et la descente est super longue, genre 3min. Trop trop bien. Vidéo.

Faut pas fumer de flans dans la queue du Fujiyama.

- le Eejanaika (montagne russe 4D) : alors là c'est le meilleur truc de toute ma vie. Tu prends une montagne russe classique, et tu rajoutes un degré de liberté au siège, de sorte que non seulement tu avances sur le circuit, mais en plus l'inertie du truc te fait pivoter perpendiculairement au tracé. Du coup, une simple ligne droite te démonte la gueule, tu regardes le ciel, le sol, le tracé, tu comprends rien a ce qu'on est en train de te faire mais c'est trop trop bon. Et pour ajouter au fun, ils te font partir dos au circuit, et commencer là encore par une descente verticale suivie d'un looping (et grâce au système rigolo, pendant le looping simple tu fais 2 tours 1/2 sur toi-même). Et puis t'as les pieds qui pendent dans le vide, alors tu sens le vent entre tes orteils pendant tout le circuit. Enormissime. Il n'y a que 2 rollercoasters de ce type dans le monde, celui-ci est le meilleur. Vidéo.

Eejanaika !

- Le Grand Splash local : On nous propose des K-way à l'entrée... le but étant de se faire mouiller, nous déclinâmes... et bien mes amis, quelle douche ! On était bien ridicules, la vache ! Vidéo.

Très bonne journée donc, avec beaucoup de rires et de sensations. Vous pourrez admirer sur certaines vidéos disponibles un truc japonais typique : le staff qui t'applaudit et te fait au revoir de la main quand l'attraction commence, et te re-applaudit à l'arrivée.


迷宮の国のアリス - Meikyû no kuni no Arisu

Je vous mets le titre japonais pour que vous puissiez frimer au bureau maintenant. Etrangement, la traduction littérale est "Alice du pays des labyrinthes", ce qui s'éloigne quand même du "Alice in Wonderland" original. Enfin passons.

Pour l'anniversaire d'Emilie, une amie, direction Ginza et plus précisément le "迷宮の国のアリス - Fantasy Dining", un restau sur le thème d'Alice. On passera sur le déroulement de la soirée, qui a été suffisamment désagréable pour moi puisque j'étais coincé avec des gens que j'avais envie de frapper au lieu de mes amis, et on va plutôt revenir sur l'ambiance.

Le principal intérêt sont les plats. Peu consistants mais assez bons, ils représentent des personnages ou des scènes d'"Alice...". C'est assez marrant et plutôt bien fait.

"Off with her head !"

On est de plus servis par des japonaises, évidemment habillées en maid, parce que tout dans ce pays est prétexte à porter un costume de maid, mais en bleu ciel et blanc, parce que quand même. Détail rigolo, l'ambiance est poussée jusqu'à mettre un fond d'écran tiré du dessin animé sur le PC de la réception.

Deux pour le prix d'une.

Malheureusement, c'est quand même assez cher pour ce que c'est. Enfin bon, tant pis.


Gotanda, Ôsaki, Shinagawa

Une très agréable découverte, dans Ôsaki.

Ces noms qui semblent barbares - encore que - correspondent aux trois quartiers dans lesquels je me suis baladé samedi. Descendu au pif à Gotanda, j'ai marché au hasard, en essayant de suivre vaguement plus ou moins la Yamanote (la ligne qui fait le tour complet de Tokyo) histoire de savoir où j'étais. Bilan en photos dans la galerie, mais en gros Gotanda m'a paru peu intéressant, Ôsaki est très très sympa, et Shinagawa un compromis. Par contre y'a définitivement trop de gaijin dans le coin ^^'

La "Tower of Terror" made in Shinagawa.

Ah et j'ai pris une vidéo d'un truc inutile mais marrant, des dalles lumineuses qui font des cercles lumineux quand tu marches dessus, comme les ondes qui se propagent à la surface de l'eau. Ça m'a bien fait tripper, et m'a valu de manquer me casser la gueule dans une fontaine.

Ça c'est de l'update.

Heureusement que sur les panneaux les directions sont écrites en alphabet latin, sinon t'es dans la merde quand tu connais pas tes kanji (gauche : Yokohama, droite : Marukobashi (?) )